Le Monde.fr - Dans la peau de Mads Mikkelsen

Son visage lui pose visiblement un problème. Si cela ne tenait qu’à lui, Mads Mikkelsen en changerait. L’acteur danois a d’ailleurs songé à faire appel à un chirurgien et même, dit-il, à recourir au vitriol. Cette préoccupation hante son nouveau film, The Salvation (sorti le 27 août), un western signé par son compatriote Kristian Levring : il y incarne un pionnier venu rejoindre sa famille dans l’Ouest américain qui assiste, impuissant, au massacre de ses proches par une bande de hors-la-loi. « Je voulais que l’infanticide se solde aussi par ma propre tuméfaction. Je rêvais de Marlon Brando dans La Poursuite impitoyable en shérif défiguré. Je pensais aller encore plus loin, me trouver piétiné, dans le film, par ces hors-la-loi, puis j’ai fait dans mon froc. J’ai eu la trouille. »

Mads Mikkelsen, en 2011.

Dans ce visage honni, il y a d’abord, selon l’acteur, ses pommettes saillantes. « Bien trop proéminentes », estime-t-il. Ensuite, ses yeux immenses, ni vraiment ronds ni tout à fait ovales, « à la géométrie improbable en fait ». « On m’explique qu’ils filent le bourdon, et c’est probablement juste. » Et, pour finir, une bouche démesurée, en harmonie avec son regard. « Les réalisateurs m’ont toujours expliqué qu’il s’agissait de la mâchoire d’un prédateur, d’un très sale type. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles j’ai hérité du rôle d’Hannibal Lecter, le médecin anthropophage créé par Thomas Harris pour la série télévisée “Hannibal”. »

« JE COMMENÇAIS DÉJÀ À RESSEMBLER À UN PICASSO »

Il y a plusieurs années, l’acteur danois s’est mis en en tête d’altérer ce visage ambigu. Sans vitriol. Par un simple coup de ciseaux. Il a abandonné ses rêves de révolution esthétique : une simple mutation en douceur suffirait, pensait-il. Il a envisagé d’en finir avec sa coupe de cheveux lisse, trop sage à son goût – une chevelure de cadre supérieur accusée de trop mettre en avant son visage baroque. Mais il a renoncé : détruire sa coiffure lui paraissait une solution trop molle, pas assez radicale.

Mads Mikkelsen a donc commencé par son œil. Il était borgne dans Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising (2009), de Nicolas Winding Refn, le metteur en scène de Drive. Sous l’égide de celui-ci, Mads Mikkelsen avait fait ses débuts dans Pusher (1996), le film le plus important venu du Danemark depuis Element of Crime (1984), de Lars von Trier. Le comédien incarnait un esclave répondant au nom de « One Eye » qui rejoignait une horde de Vikings chrétiens partis en croisade pour Jérusalem. « Dans ce film, je commençais déjà à ressembler à un Picasso – en l’occurrence, plus à grand-chose. Nous avions tourné en Ecosse, par un froid polaire, insupportable. Des conditions idéales pour dépérir, d’une sévérité on ne peut plus appréciable. »

Le sommet de la défiguration de Mads Mikkelsen a été atteint dans Casino Royale (2006) de Martin Campbell, le premier volet de la saga James Bond, avec Daniel Craig dans le rôle de l’agent secret 007 et, accessoirement, le film le plus réussi de la série depuis Bons baisers de Russie (1963), avec Sean Connery. Mikkelsen incarnait Le Chiffre, le méchant de Casino Royale, qui laisse apparaître des larmes de sang. « Très franchement, je n’avais jamais vu un film avec James Bond. L’agent secret avec ses gadgets sauveurs du monde ne constitue pas tout à fait un rêve d’acteur à mes yeux. J’avais été intrigué par un coup de fil de la productrice, Barbara Broccoli, qui m’avait vu dans plusieurs films au Danemark. La fille me proposait un rôle de méchant, qui plus est fort éloigné des andouilles rêvant de conquérir le monde des autres films de James Bond. Il s’agissait de retourner à un film d’espionnage où le méchant se fixe un objectif réaliste : gagner de l’argent. »

Mads Mikkelsen accepte de jouer dans Casino Royale. « J’ai obtenu de concevoir ce rôle à ma guise. Tant d’acteurs étrangers se sont perdus dans un rôle de méchant, dans cette série. Etranger signifie exotique, pour les Américains : cet exotisme devient une caricature, et ce qui doit permettre à un comédien de débuter une carrière hollywoodienne se révèle une impasse. J’ai discuté longtemps de mon rôle avec le metteur en scène Martin Campbell : il a tout de suite retenu le principe de la larme de sang. Je suis venu avec d’autres propositions, encore plus radicales. Mais là, la productrice, Barbara Broccoli, m’a arrêté : “Jeune homme, vos idées sont excellentes, formidables même, mais vous allez plomber la saga cinématographique la plus rentable de l’histoire du cinéma.” »

CETTE MISE EN AVANT DU CORPS LE TOURMENTE

Avant de devenir acteur, Mads Mikkelsen a été gymnaste et danseur. « J’avais une formation classique, au début, mais avec un goût pour les chorégraphies de Martha Graham qui m’a emmené sur scène à New York et à Copenhague. J’avais toujours une dramaturgie en tête. Le cinéma restait dans un coin de ma tête. Et déjà, à cette époque, on regardait toujours ma gueule, beaucoup moins mon corps. » Cette mise en avant du corps le tourmente. Quand il tourne Coco Chanel & Igor Stravinsky (2009), de Jan Kounen, la gestuelle du compositeur russe est son obsession : sa manière de se déplacer est, à ses yeux, le seul moyen de comprendre pourquoi le compositeur éprouve le besoin de détruire une musique qu’il vient de composer. Pour The Salvation, Mads Mikkelsen étudie des livres d’architecture, consulte des livres de photos sur l’Ouest, et arrive à une conclusion imparable : si les immeubles des villes de western ne dépassent jamais deux étages, c’est parce que les studios hollywoodiens n’ont pas de place pour en construire de plus grands. Il faut donc, selon lui, bâtir une ville aux immeubles de plus grande ampleur, qui lui permette de bouger comme il l’entend, de manière très différente des autres acteurs de western.

Mads Mikkelsen peut raconter sa filmographie à travers les mouvements de son corps. « D’ordinaire, je fais toujours mes propres cascades, je n’ai pas besoin d’une doublure. Lorsque j’ai tourné Michael Kohlhaas, d’Arnaud des Pallières, qui se déroule au XVIe siècle en France, je voulais donner une dimension plus physique à mon personnage, mais le réalisateur voulait rester contemplatif, toujours plus radical, au risque de l’ennui. Sur le tournage de The Salvation, je me suis fait très mal : nous tournions en Afrique du Sud, et j’avais acheté là-bas un énorme couteau que j’ai laissé tomber sur mon doigt. J’étais blessé jusqu’à l’os. Jusque-là, pas de problème, il suffit de mettre un pansement pour que la blessure cicatrise. Sauf qu’à la fin des années 1800 le pansement n’a pas encore été inventé. Il a donc fallu recourir à toutes sortes de stratagèmes, tous foireux, qui ont fait doubler de taille mon doigt, au point que l’on se demandait si l’on ne devrait pas m’amputer. »

« IL A UNE GUEULE IMPOSSIBLE À OUBLIER »

Mads Mikkelsen doit sa carrière cinématographique au réalisateur Nicolas Winding Refn : c’est lui qui lui a fait faire ses débuts, en tant que dealer, dans Pusher, puis Pusher, du sang sur les mains (2004). « Il me semblait qu’un comédien ne pouvait exister sans une rencontre avec un auteur. De Niro n’aurait jamais vu le jour sans Scorsese, il me fallait trouver une personnalité pareille. » La rencontre a viré à la collaboration : les idées de Mikkelsen sont systématiquement retenues par son metteur en scène. Ils ont même conclu un accord tacite : chaque fois que Winding Refn propose un rôle à son partenaire, il s’agit du rôle vedette. La passion du réalisateur pour son comédien tient, encore une fois, à son visage. « Il a une gueule impossible à oublier, assure Winding Refn. Je n’en avais jamais vu une pareille et je n’en ai jamais revu depuis. Et puis Mads vient d’un quartier de Copenhague où les gens sont mal élevés et parlent mal. J’aime bien les mauvais garçons. »

Mads Mikkelsen garde une certaine nostalgie envers l’époque de Pusher. « Notre tête ne passait pas entre les portes, et pourtant nous ne connaissions personne. Parce que nous avions des bottes de motard et un blouson en cuir, et parce que nous avions réalisé un bon film, nous pensions que le monde serait à nous, que le cinéma danois serait à nos pieds. En fait, rien ne serait arrivé au Danemark sans Lars Von Trier. Il est arrogant, il a des idées politiques pour le moins bizarres, son comportement est étrange, mais il a ouvert des portes. Je ne sais pas si je serais prêt à travailler pour lui. Il fonctionne sur des fondamentaux assez particuliers, vous ne trouvez pas ? » Quand il a repris le chemin du Canada, pour le tournage de la deuxième saison d’« Hannibal », Mads Mikkelsen a demandé à avoir un miroir dans sa loge. Pour une fois, l’objectif était de se regarder – pas de se détruire. « Lecter est un homme qui voit la beauté dans la laideur. Ses valeurs sont inversées. » Dans la peau de ce monstre, Mads Mikkelsen peut sans doute enfin s’apprécier.

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2014/08/28/dans-la-peau-de-mads-mikkelsen_4478386_3476.html

Le me after watching Hannibal season finale.

Le me after watching Hannibal season finale.

I need ten

hannibalmorelikecannibal:

moriartylaughingalonewithcrown:

Dear Hannibal Fandom,

We think you might need this more than we do at the moment

image

Sincerely,

The Sherlock Fandom

image

:)

(via hannibalssilkiechicken)

In your defense, I worked very hard to blind you. You can stay blind. You can hide from this. Walk away, I’ll make no plans to call on you. But if you stay, I’ll kill you. Be blind, Alana, don’t be brave.

(Source: nemoniknemonik, via plaid-suits-and-paisley-ties)

4evermyavalon:

that was it,you could’ve saved lost of life will,he wanted you to tell him the truth he would have forgive you.HE LOVES YOU YOU WERE HIS BEST FRIEND HE WANTED YOU TO HAVE A FAMILY HE WANTED TO GIVE YOU ABIGAIL BUT NOOOOOOOOOOOOOO YOU JUST HAD TO SACRIFICE JACK AND OTHER SO YOU COULD GET YOU REVENGE.

nobucky:

IN CONCLUSION 

  • WE HAVE NO IDEA WHO’S DEAD AND WHO’S ALIVE AT THIS POINT EXCEPT THE BIGGEST SCUMBAG ON THE SHOW
  • HANNIBAL MAKES IT OUT SCOTT FREE AGAIN
  • BEDANNIBAL IS CANON
  • ALL THE OTHER SHIPS ARE DESTROYED IN HELLFIRE
  • ABIGAIL COMES BACK TO LIFE ONLY TO BE KILLED AGAIN (MAYBE, SORT OF, NOT REALLY)
  • FROM THE WINDOOOOOOOW TO THE WAAAAAALLLL
  • I’M REALLY UPSET
  • HANNIBAL RIDES OFF INTO THE SUNSET
  • LOTS OF BLOOD

THE END

(Source: nobucky)

(Source: wonderlandinmymind)

taleforthesea:

For me, when Hannibal smells Freddie Lounds on Will Graham and realizes he’s been duped, the heartbreak of that is one thing. You see him sort of go quiet and interior after he gets a whiff of Freddie, and then that dinner scene afterward, where he essentially is telling Will, his best friend in the world that he has ever had, “I will forgive you if you come clean right now. All will be forgiven.” And Will doesn’t take it. Will continues to move forward with his betrayal, and it’s a very quiet, solemn, sad scene for me, watching Hannibal. And I did empathize with him, because regardless of what he’s done as a monster, we all relate to the intensity of a friendship that feels so unique, and when that falls apart, it is heartbreaking.

(Source: abbyehobbs)

"Damn it, man. You must have some advice. You caught him.                   

What was your trick?"


"I let him kill me."

(Source: spankjonze)